Le no-code peut-il transformer les métiers de la formation ?

SEP-GRIS-EXTRAIT

Learn Assembly a accueilli Erwan Kezzar, cofondateur de Contournement, un organisme de formation nouvelle génération spécialisé dans le no-code, pour une session "drinks & learn". Découvrez le concept du "no-code" qui pourrait bouleverser le monde du numérique...

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Les outils “no-code” vont-ils révolutionner le monde du numérique ? Quels enseignements en tiraient pour le secteur de la formation ? Learn Assembly recevait pour un « drinks & learn » Erwan Kezzar, co-fondateur de Contournement, un organisme de formation nouvelle génération spécialisé dans le no-code. Il est également l’auteur du livre « No-code : une nouvelle génération d’outils numériques » chez Eyrolles. L’occasion de revenir sur une tendance alliant transformation digitale et frugalité.

Comment as-tu découvert le no-code ?

Quand j’ai découvert le no-code, c’était lors de ma première entreprise, je devais avoir 25 ans. N’étant pas développeur, je devais utiliser des outils adaptés pour les non-développeurs. Par exemple, squarespace : qui permettait d’aller vite et à moindre coût pour créer des sites web. Mais on était loin du no-code d’aujourd’hui et de solutions aussi poussées que Bubble. Il y avait des bugs, c’était trop complexe. En 2018, j’ai redécouvert le no-code et décidé d’y aller à fond.

Concrètement, le no-code, c’est la démocratisation des moyens de production via des outils digitaux. Cela permet de répondre soi-même à ses propres besoins. Le no-code est un néologisme apparu en 2017 qui désigne des outils permettant de créer des projets un peu complexes sans codage (sites web, bases de données, crm etc…). De plus, ils sont 100% hébergés sur le web / cloud par l’éditeur. On a rien à installer ou à héberger : on se crée un compte et on peut tout de suite créer son projet, puis le publier en un clic. Les outils les plus connus sont Webflow, AirTable et Zapier. Le no-code s’inspire du lean startup.

Concrètement, c’est quoi le no-code ? Que propose Contournement ?

Notre métier consiste à former les gens à contourner les obstacles techniques. Nous proposons des formations en e-learning pour des particuliers et entreprises, et du présentiel pour des entreprises.

Nous formons sur des outils accessibles, qui ne prennent pas trois semaines à être pris en main. Cela peut prendre de quelques heures à quelques jours. Nous formons des gens à gagner du temps et à créer des outils qui vont les aider à gagner du temps. Le no-code au service du gain de temps et de la sérénité cognitive. La multiplication des outils fait qu’on se fait déposséder de notre temps. Aujourd’hui, Contournement c’est plus de 5 200 personnes formées en ligne (ou en cours de formation), et nous avons sensibilisé des milliers de personnes via nos contenus, notre chaîne YouTube, notre communauté Slack

Quels exemples de projets peux-tu partager ?

WeUkraine m’a marqué : c’est un site qui centralise via une galerie dynamique toutes les manières d’aider des Ukrainiens. Ce site a été créé en une nuit et permet de diriger l’aide via un site de filtrage beau et dynamique utilisant Softr et Airtable.

Il y a également Comet : il s’agit de trois entrepreneurs qui ne savaient pas coder, et qui ont créé eux-mêmes leur projet de plate-forme mise en relation. L’un d’entre eux s’est formé à Bubble, et il a créé, puis fait évoluer la plate-forme lui-même, au lieu de chercher 30K€ pour faire réaliser par une agence web. Au bout d’un an, ils génèrent 500K€ de revenu récurrent annuel, sans avoir payé un seul euro à un prestataire ! Un bel exemple qui prouve que le no-code permet d’aller loin, et dépasse l’étape de la simple V1.

Et parmi les grandes enseignes avec qui l’on a travaillé, j’aime bien l’exemple d’Havas Market, car il mêle la formation de profils non-techniques dans les équipes, et le “no-code ops” (l’art d’économiser des dizaines d’heures chaque mois, en se créant ses propres outils et en automatisant des tâches répétitives et chronophages).

Après une masterclass aux équipes, on a lancé un concours interne d’inefficiences et de problèmes concrets à résoudre. Ensuite, on a sélectionné douze collaborateur-ice-s qui ont été formé-e-s pendant une journée. Enfin, ils ont été coaché-e-s pour réaliser des solutions très concrètes. La plupart ont abouti très rapidement, et la culture de l’auto-résolution de problèmes a commencé à bien prendre dans les équipes.

Existe-t-il des outils no-code pour les métiers du learning ? Quelles applications sont possibles dans la formation ?

Avec mon associé, nous avons fait le choix de rester une équipe à taille humaine, on ne cherche pas à grossir, mais plutôt à automatiser les tâches à moindre valeur ajoutée. Chez nous concrètement, nos outils no-code permettent de mettre automatiquement à jour notre comptabilité, notre crm, l’envoi de devis, et tout le processus d’embarquement et de suivi des gens qui suivent nos formations en ligne.

Il y a de nombreux process dans la formation qui pourraient être fluidifiés : gestion des formateurs, journées de formateurs, émargements : j’arrive à faire tout seul là où normalement, il faudrait une personne à mi-temps. Il existe des outils sur le marché pour faire tout cela, mais ils ne sont pas très personnalisables et les gens nous disent : on contourne à la main les contraintes car tout est bloqué. Le no-code permet à la fois d’optimiser le back-office, et pourquoi pas de créer son propre LMS maison.

Le no-code est-il un outil d’empowerment adapté aux grands groupes ?

De plus en plus de DSI sont prêtes à déployer du no-code. Évidement, sous réserve que les outils respectent le rgpd et les règles de cybersécurité. Cela permettait à une DSI d’avoir moins de projets, d’avoir des demandes plus claires et des cahiers de charge bien ficelés avec des besoins plus mûrs.

Les gens n’ont pas besoin d’une voiture, mais souvent d’une trottinette : ils veulent des choses simples. Le no-code n’est pas pertinent s’il faut de l’algorithmie, mais pour des choses inutilement complexes et politiques, le no-code est une solution. C’est une démarche d’empowerment. Grâce au no-code, les gens collaborent mieux et apprennent à parler à une DSI.

Un message de fin ?

Attention à ce qui s’auto-désigne comme du no-code : c’est le buzzword à la mode. Il y a beaucoup de marketing. Attention aussi au piège de croire que le no-code c’est facile : ce n’est pas magique, il faut se plonger dedans et il faut de la formation : rien n’est magique.

Enfin, je le répète, le no-code est un ensemble de solutions pour mieux travailler, amener à prendre du recul un jour ou deux pour se poser plutôt que de perdre des dizaines de minutes par jour. Il faut prendre du temps pour en gagner…

Pour aller plus loin :


Learn Assembly est une learning compagnie dont la mission est d’aider les entreprises à développer l’employabilité de leurs salariés, de manière saine et durable. Architecte et bâtisseur d’expériences apprenantes, nous designons des solutions innovantes de learning pour plus de 200 clients. Learn Assembly c’est aussi Learning Boost, la première solution d’auto-positionnement entièrement personnalisable.

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