Les 4 étapes à suivre pour éco-concevoir sa formation

les étapes à suivre pour réussir sa formation éco-conçue

Comment allier enjeux pédagogiques et enjeux écologiques ? Découvrez dans cet article comment concevoir des formations en appliquant le concept de la sobriété numérique.

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Cet article a été initialement publié sur le site de l’Epale, une plateforme de la Commission européenne pour l’éducation et la formation des adultes en Europe.

Comment réduire l’impact environnemental du digital learning ? Dans le cadre de notre dossier consacré à l’évolution des compétences dans le domaine de la transition écologique, ce sujet était incontournable. 

Réfléchir aux usages

Comme nous l’explique The Shift Project, un think tank œuvrant en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone, nous devons retrouver la maîtrise de nos usages numériques si nous voulons réduire notre impact environnemental.

Cela revient à se poser la question de ce que l’on veut faire du numérique. Dans le cas d’une formation, pourquoi la produit-on ? Quels sont les besoins des personnes à qui elle est destinée ? Quelles modalités peut-on privilégier et quelles solutions peut-on trouver pour réduire son impact tout en répondant au cahier des charges ?  

En somme, devons-nous à tout prix créer un parcours de formation en ligne ou le faisons-nous parce que nous le pouvons ? C’est la réflexion qu’a eu Julie Altrach, ingénieur pédagogique multimédia sur sa pratique professionnelle : « Et si au lieu de « faire le bien » en produisant du contenu pédagogique à destination des étudiants, j’étais au contraire en train de contribuer à l’infobésité et au réchauffement climatique ? »

Fabriquer vert (l’éco-conception)

Alors comment passer d’un schéma linéaire « fabriquer > consommer > jeter », à une économie circulaire ? 

La première étape concerne la fabrication. Dans le contexte de la formation, l’éco-conception des parcours soulève plusieurs points sur lesquels nous pouvons travailler : 

  • Résister à la tentation du 100% vidéo : il ne s’agit pas toujours du choix pédagogique le plus pertinent. Nous pouvons varier les modalités : utiliser l’audio (comme les podcasts par exemple) ou l’écrit (infographies, entraînements…). 
  • Diminuer la résolution des vidéos : 720p suffit amplement pour assurer la qualité des contenus
  • Compresser les images et les vidéos  
  • Tourner les vidéos en HD quand le 4K n’est pas pertinent (notamment quand il s’agit d’une personne face caméra)
  • Mutualiser : éviter les longs échanges par mail avec pièces jointes et compagnie, en s’appelant par téléphone, tout simplement, ou en utilisant des plateformes collaboratives. Elles facilitent notamment l’apprentissage entre pairs ou les échanges entre formateurs et apprenants. En effet, l’envoi d’emails est particulièrement émetteur de CO2, après la consommation de vidéos

En somme, une production éco-responsable permet d’établir les bases de la circularité en diminuant les ressources lors de la phase de production et en prévoyant un usage sobre. 

Concevoir de façon durable (l’éco-consommation)

Vient ensuite la phase de consommation. Comment « éco-consommer » ? La consommation durable, c’est conserver le plus longtemps possible ce que l’on achète ou produit. Il s’agit alors de lutter contre l’obsolescence programmée. C’est une pratique par laquelle les fabricants limitent volontairement la durée de vie de leurs produits pour que les consommateurs en achètent plus rapidement de nouveaux. Cette lutte permet donc de contribuer à l’économie circulaire.

Mais comment l’appliquer au domaine de la formation ? L’objectif est de minimiser les ressources énergétiques utilisées pour dispenser et partager la formation, tout en maximisant l’impact pédagogique

  • Distribution éco-responsable : pour minimiser l’impact écologique du partage de la formation, le matériel de formation peut être distribué via un Drive pour travailler de façon collaborative et éviter l’envoi de mails et de fichiers lourds.
  • Optimisation des ressources : le suivi des formations peut parfois être très réduit. Une fois la formation terminée, il est rare que l’accompagnement des apprenants se fasse sur la durée. Or cela ne permet pas de valoriser les ressources de la formation au maximum. Pour optimiser l’impact des formations, nous recommandons de privilégier l’accompagnement post-formation (suivi, coaching). Ainsi, alors que l’identification des besoins et la conception peuvent représenter 50% du travail, le suivi peut représenter les 50% additionnels.
  • Communautés d’apprentissage : pour “recycler”, réutiliser et réemployer les connaissances et le travail des formateurs. Les communautés d’apprentissage permettent de rassembler les savoirs et de les enrichir en privilégiant le partage et la co-construction. Les systèmes de parrainage, par exemple, aident à l’ancrage mémoriel. Et les plateformes collaboratives mettent les outils, modèles ou encore guides au service d’une communauté de compétences. 

Recycler le contenu

Dans l’économie circulaire, la dernière étape consiste à recycler les ressources. Aller au bout du processus par le tri et la revalorisation du contenu créé pour la formation. Bien que souvent négligée, cette phase peut faire une vraie différence : 

  • Suppression du matériel obsolète : trier et jeter ce qui n’est plus utile pour alléger les data centers.
  • Amélioration continue et standardisation : capitaliser sur les retours d’expériences et les connaissances des différentes parties prenantes de la formation. Vous pourrez ainsi éviter de reproduire certaines erreurs pour les prochains parcours à concevoir et économiser vos ressources et votre temps.  
  • Classement du matériel pédagogique pour réemploi : mutualiser les contenus pédagogiques en faisant des synergies pour les réutiliser plus facilement et éviter de produire des doublons. 

Voilà donc quelques conseils à suivre pour contribuer à une économie du numérique plus éco-responsable. Mais rendre cette industrie plus verte passe aussi par une importante phase de sensibilisation. Des apprenants, mais aussi des formateurs, services de formation et de tous les acteurs de ce secteur, dans le privé comme dans le public. En partageant nos convictions, nos ressources documentaires, en animant des ateliers ou des jeux sur le sujet, nous pouvons alerter sur les dangers de la production en masse de vidéos et autres ressources en ligne, et contribuer à un changement des mentalités. 


Learn Assembly est une learning compagnie dont la mission est d’aider les entreprises à développer l’employabilité de leurs salariés, de manière saine et durable. Architecte et bâtisseur d’expériences apprenantes, nous designons des solutions innovantes de learning pour plus de 200 clients. Learn Assembly c’est aussi Learning Boost, la première solution d’auto-positionnement entièrement personnalisable.

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