« Study with me », le nouveau compagnon de révision des étudiants - Analyse du phénomène par Nicolas Roland

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Nicolas Roland, expert en formation et pédagogie, s’est penché sur le Study Web, un réseau interconnecté de personnes, de contenus et d’espaces de rencontre pour étudiants. Il s’intéresse particulièrement au phénomène Study with me. Nous vous résumons son analyse dans cet article.

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Cet article est extrait de celui de Nicolas Roland intitulé Étudier seul, mais ensemble : analyse du phénomène « Study with me », initialement diffusé via sa newsletter Learnability et disponible ici

La crise du COVID-19 a fait émerger de nombreuses initiatives, notamment de la part des étudiants qui se sont retrouvés seuls face à leurs cours, leurs révisions et leurs examens. C’est ainsi qu’est né le Study Web, un réseau interconnecté de personnes, contenus et espaces de rencontre pour étudiants. Il rassemble le genre de contenus suivants : 

  • vidéos YouTube d’apprenants en train de travailler
  • comptes Twitter visant à partager des conseils et à motiver
  • communautés Discord pour trouver des personnes avec qui étudier 
  • etc.

Cet espace permet aux étudiants de s’inspirer, de se motiver, d’obtenir des informations utiles sur divers sujets et de créer une communauté de pairs.  
Nicolas Roland a particulièrement concentré ses recherches sur les vidéos Study with me et leurs usages. Ces vidéos, le plus souvent hébergées sur YouTube, mettent en scène un étudiant qui se filme pendant sa session d’étude réelle. Cette tendance a explosé depuis le premier confinement en mars 2020. Aujourd’hui, si vous cherchez l’expression “Study with me” sur Google, vous obtiendrez plus de 950 millions de résultats. Alors pourquoi un tel intérêt pour ces vidéos ? Qu’apportent-elles aux apprenants qui les regardent ?

Des vidéos au service de l’autorégulation 

Comme l’explique Nicolas Roland, les vidéos Study with me “soutiennent des stratégies d’autorégulation et aident les étudiants à persévérer dans leurs apprentissages”.

“L’autorégulation est la manière dont les sujets dirigent, contrôlent et évaluent leurs propres actions mentales en situation de traitement (scolaires, sociales, etc.). Elle permet l’organisation des conduites d’apprentissage de façon interne et assure une fonction centrale dans le traitement de l’information et les apprentissages.” Sylvie Cèbe, 1998

Il s’agit donc du processus par lequel l’apprenant.e devient autonome dans son apprentissage. En effet, l’autorégulation des apprentissages permet de : 

  • se fixer des objectifs d’apprentissage
  • planifier, surveiller et évaluer ses apprentissages 

Selon Laurent Cosnefroy [1]Cosnefroy, L. (2011). L’apprentissage autorégulé. Entre cognition et motivation. Grenoble, France : Presses universitaires de Grenoble, il existe quatre conditions nécessaires pour aboutir à un apprentissage autorégulé : 

  • définir un objectif suffisant
  • disposer de stratégies d’autorégulation
  • faire preuve de réflexivité 
  • bénéficier d’une motivation suffisante

Les bénéfices des vidéos Study with me 

Comment les vidéos Study with me stimulent-elles donc ces conditions d’autorégulation ?

D’abord, elles motivent les étudiants. En effet, en mettant en avant une personne qui travaille face caméra pendant plusieurs heures, elles créent une ambiance propice à la concentration. Elles aident ainsi les étudiants à s’immerger dans leur session d’étude et à la poursuivre.   

“Ça m’aide réellement à me motiver, en me comparant à la personne qui travaille dans la vidéo. Ça m’a permis d’augmenter mon temps d’étude journalier l’année passée.” Vincent, étudiant en psychologie à l’Université libre de Bruxelles

D’autre part, ces vidéos améliorent la gestion du temps. En utilisant la méthode Pomodoro [2]Une technique de gestion du temps qui repose sur des sessions de travail de 25 minutes, entrecoupées de pauses de cinq minutes. Pour en savoir plus, rendez-vous ici., elles aident les étudiants à organiser leur temps de travail en plages courtes mais intenses, entrecoupées de pauses. Le fait d’imposer un rythme leur permet d’être plus rigoureux et productifs.

Par ailleurs, elles facilitent la concentration. Elles sont devenues de précieux remèdes contre les multiples distractions que représentent nos outils de travail principaux, à savoir l’ordinateur et le smartphone.

“Chaque fois que je lève la tête pour faire autre chose. Je vois Merve en train de travailler. Ça me motive pour continuer à étudier et rester concentrée”, Gwenaëlle, étudiante en médecine vétérinaire à l’Université catholique de Louvain

Enfin, ces vidéos Study with me combattent le sentiment d’isolement. Certaines personnes ont parfois du mal à être efficaces et productives face à la solitude. Ces vidéos créent des sortes de camarades parasociaux : elles donnent l’illusion d’être accompagné.e, tout en étant seul.e face à son écran d’ordinateur. 

Une tendance vouée à durer ?

L’impact du phénomène Study with me semblent dépasser les contours de la crise sanitaire. En effet, ces vidéos ont permis aux étudiants de développer leur capacité à contrôler leur environnement de travail. En fonction de leurs préférences et habitudes d’apprentissage, ils peuvent choisir leurs compagnons d’étude, l’ambiance du lieu, l’atmosphère (présence de certains bruits, nuit ou journée…), etc. 

Pour conclure, Study with me confirme à nouveau la fameuse théorie de Philippe Carré : “on apprend toujours seul, mais jamais sans les autres”.


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References

References
1 Cosnefroy, L. (2011). L’apprentissage autorégulé. Entre cognition et motivation. Grenoble, France : Presses universitaires de Grenoble
2 Une technique de gestion du temps qui repose sur des sessions de travail de 25 minutes, entrecoupées de pauses de cinq minutes. Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

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