Le 1er avril 2026, Learn Assembly et Veltys intervenaient au Printemps de la Formation de Unow. Voici les enseignements clés à retenir pour anticiper l'évolution des métiers dans votre organisation.
Quel avenir pour l’emploi et les métiers à l’ère de l’IA ? C’était la question centrale du webinaire du Printemps de la formation mercredi 1er avril.
Selon les travaux d’Aghion et Brunel (2024), entre 18 et 68 % des tâches seraient automatisables en France. Encore faut-il distinguer ce qu’il est possible d’automatiser de ce qu’il est rentable d’automatiser. L’impact sur l’emploi dépend de la façon dont les organisations choisissent de déployer l’IA, vers quels secteurs ou encore avec quels objectifs.
À l’échelle globale, les études empiriques ne documentent pas de destruction nette d’emplois dans les entreprises ayant adopté l’IA. En revanche, l’étude de Brynjolfsson et al. (2025) montre une réduction d’environ 20 % de l’emploi pour les 22-25 ans dans les secteurs exposés. L’INSEE confirme la même tendance en France.
Le baromètre Anthropic révèle que 30 % des travailleurs ont une exposition quasi nulle à l’IA (cuisiniers, mécaniciens, maîtres-nageurs…). Les fonctions cols blancs concentrent l’essentiel de l’impact potentiel. Mais l’écart entre potentiel théorique et usage réel reste considérable. La vraie question devient alors : est-ce que l’IA va augmenter mon métier… ou en transformer le cœur ?
La première étape est de hiérarchiser les compétences en identifiant d’abord l’impact sur les compétences cœur de métier. On peut ensuite définir les processus et outils à mettre en place.
Alors que les RH s’attarderont sur les soft skills, les compétences métiers doivent être analysées et actualisées par les experts terrain. C’est un processus qui prend du temps et dont la fréquence dépendra du métier (certaines compétences évoluent plus rapidement que d’autres, comme celles du métier de développeur par exemple).
« La mise à jour du référentiel de compétences est un outil clé pour cartographier les métiers imapctés par l’IA ». – Timothée Luneau, Learn Assembly
La compétence stratégique qui émerge est la capacité à piloter une armée d’agents, comme on managerait une équipe : organiser, fixer des objectifs, décider, évaluer la qualité. La grande différence par rapport à la vision traditionnelle du management, c’est que cette méta-compétence n’est pas réservée aux profils plus expérimentés. Les juniors peuvent tout à fait l’acquérir et en être vecteurs dans l’organisation.
« Tout le monde devient un peu manager d’outils IA. L’IA générative a déplacé le curseur de « faire » à « faire faire ». Elle a fait évoluer l’organisation du travail ». – Timothée Luneau, Learn Assembly
Les fonctions RH sont à la fois utilisatrices et pilotes de la transformation IA. Elles traitent des volumes importants de données non structurées (comptes-rendus, entretiens, évaluations) sur lesquelles l’IA générative est particulièrement performante. On voit émerger des binômes RH – SI pour piloter ces sujets. Et la vitesse de déploiement de l’IA, sans commune mesure avec les transformations précédentes, rend leur rôle d’acculturation plus critique que jamais.
« Ce n’est pas qu’un sujet IT. Pour pouvoir transformer l’organisation, le plus efficace est d’en faire un sujet central de la fonction RH et de créer un binôme IT / RH pour avancer. » – Arthur Souletie, Veltys
L’IA Act impose des règles strictes pour garantir des IA dignes de confiance. Ces règles s’appliquent non seulement aux concepteurs, mais aussi à ceux qui déploient les solutions. Un DRH utilisant un outil de tri de CV biaisé engage la responsabilité de son organisation au même titre que l’éditeur du logiciel. À cela s’ajoute le dialogue social : un levier que trop d’entreprises anticipent encore trop tard dans leur démarche d’adoption.
IBM gère 90 % de ses questions RH quotidiennes via un chatbot interne. Unilever a économisé 70 000 heures d’entretiens par an et réduit son temps de recrutement de 75 %. Au Japon, des systèmes de prédiction de démission affichent 83,7 % de précision. Sur les chantiers, des caméras embarquées pilotées par IA détectent en temps réel les situations à risque.
« On dit beaucoup que l’IA touche surtout les cols blancs. C’est vrai et c’est nouveau par rapport aux révolutions industrielles précédentes. Ceci dit, elle impacte aussi les métiers des cols bleus, notamment sur les chantiers. Elle permet entre autres des gains de sécurité très précieux dans des endroits isolés. » – Arthur Souletie, Veltys
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Learn Assembly est un cabinet de conseil hybride créé en 2013 qui accompagne la transformation de tous les acteurs de la formation et de l’emploi. Notre mission est de les aider à jouer un rôle stratégique dans leurs organisations pour répondre au défi des compétences, de la transition écologique et de l’intelligence artificielle. Nous accompagnons les directions générales et L&D de grands groupes, les acteurs publics et les établissements d’enseignement supérieur dans leurs évolutions stratégiques, digitales et pédagogiques.