Digital Learning : et si on arrêtait de parler du taux de complétion ?

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SEP-GRIS-EXTRAIT

« Le digital learning ne fonctionne pas, le taux de complétion est très faible”; “tout le monde sait que le taux de complétion des Moocs se situe entre 5% et 10%”. Derrière ce constat négatif, se cachent de nombreux biais, croyances et approximations. Comment repenser notre manière d’évaluer le succès d’une formation digitale ? »

SEP-GRIS-EXTRAIT

Article écrit par Antoine Amiel, CEO LearnAssembly et initialement publié sur LinkedIn

“Le digital learning ne fonctionne pas, le taux de complétion est très faible”; “tout le monde sait que le taux de complétion des Moocs se situe entre 5% et 10%”.

Ces phrases, nous les avons tous entendues. Pourtant, le sujet de la rétention et de la complétion est plus complexe qu’il n’y paraît. Derrière ce constat négatif, se cachent de nombreux biais, croyances et approximations. Comment repenser notre manière d’évaluer le succès d’une formation digitale ?

Le taux de complétion, un indicateur artificiel ?

Le taux de complétion est un patient ayant trop souvent recours à la chirurgie esthétique. Selon les besoins, on le botoxe, on le liposuccione ou on lui aplatit le nez. Le “ taux de complétion ”, tout comme “ l’utilisateur actif ” est un indicateur : et comme tous les indicateurs, c’est une création. Ces taux sont définis arbitrairement par les plateformes et les éditeurs de contenus. Aucun standard reconnu n’existe : il n’existe pas au learning ce qu’est la norme IFRS à la comptabilité. Aucun Bretton Woods de la formation n’a permis de créer une sorte d’étalon, une définition commune, de ce qu’est un apprenant actif, ou un apprenant ayant terminé son parcours. La diversité des objectifs, des besoins, des contenus rend ce travail impossible et peu pertinent. Les travaux de Joffre Dumazedier et de Philippe Carré, qui proposent, d’analyser les différentes pratiques d’auto-formation, montrent bien que le taux de complétion n’est pas pertinent pour tous les “personae”.

Ainsi, pour Edx, un utilisateur actif est un individu ayant fait une activité pédagogique en deuxième semaine de Mooc. Pour d’autres plateformes de Moocs, c’est l’utilisateur s’étant connecté au moins une fois (pas très ambitieux). Quant au taux de complétion, il est également flou : pour certains, il s’agit du ratio entre le nombre de personnes ayant obtenu le certificat et le nombre de personnes inscrites. Mais pour d’autres, il s’agit du nombre de personnes ayant regardé toutes les vidéos rapporté au nombre d’inscrits. Sur certaines plateformes, il suffit d’avoir validé un quizz final pour être considéré comme un apprenant ayant fini le parcours.  L’étude de l’université de Louvain sur la complétion Moocs est à ce titre intéressante : elle propose un distinction entre rétention active et rétention passive, la rétention passive étant le ratio inscrits/certifiés, le taux de rétention actif étant le ratio inscrits actifs/certifiés.

On le voit, on peut “bidouiller” les taux de complétion à l’envie, et personne ne s’en prive.

La richesse des données et leur accès

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