Emploi des juniors menacé par l’IA, Bureau des légendes version formation, réflexion sur les âges du travail… Voici un tour d’horizon des 7 publications LinkedIn qui ont marqué octobre 2026.
À l’heure où les budgets 2027 se précisent de plus en plus, LinkedIn déborde de chiffres qui ne sont pas toujours des plus positifs. Jeunes diplômés que l’IA écarte avant même de les avoir embauchés, seniors priés de patienter sur le banc de touche, une IA qui ne rend pas encore la France productive… L’actualité de la formation n’a pas eu de répit. Nous vous présentons les 7 posts LinkedIn qui nous ont particulièrement interpellés en octobre 2026.
Selon une récente étude signée HEC et la Banque de France1, les embauches en CDI des 21-29 ans ont reculé de 28,3 % dans les métiers les plus exposés à l’IA générative, contre 7,5 % dans les moins exposés. Cela représente 6 200 embauches de jeunes en CDI en moins chaque mois dans ces métiers, par rapport à novembre 2022. Chez les développeurs et ingénieurs informatiques de 21 à 29 ans, la baisse grimpe à 42 %.
Le marché ne licencie pas, il se fige. En effet, les fins de CDI reculent et le renouvellement des salariés ralentit, surtout pour les jeunes.
Le risque est à long terme, car les postes juniors forment les professionnels de demain. L’IA qui absorbe ces tâches fait économiser aujourd’hui, au détriment de l’expérience accumulée.
Côté actualité de la formation, un projet de décret soumis le 14 octobre à la CNNCEFP2 autoriserait les contrôleurs de la formation professionnelle, la Caisse des Dépôts et France compétences à contrôler les formations à distance sous identité d’emprunt.
La fraude est bien réelle et pour les inscriptions dématérialisées, l’outil a du sens selon l’auteur. Laurent Durain rappelle que la FOAD3 est une modalité pédagogique à part entière et que ce sont d’abord les acteurs sérieux qui paient le prix de la fraude.
Mais il alerte aussi sur le basculement d’une relation de confiance vers une culture du soupçon, qui peut nourrir un contentieux devant des tribunaux administratifs déjà saturés.
Comme nous l’avons déjà établi, les jeunes sont en difficulté. À l’été 2026, leur taux de chômage atteint 20,7 % en France, contre 15,1 % en moyenne européenne.
Cependant, les seniors ne sont pas mieux lotis. En 2025, seuls 61,7 % des 55-64 ans sont en emploi en France, contre 66,4 % dans l’Union européenne. Chez les 60-64 ans, l’écart se creuse : 44,4 % contre 55 %. Le faible taux de chômage des seniors est trompeur. En effet, 39,1 % des chômeurs de 50 ans ou plus le sont depuis au moins un an, contre 24,1 % des 25-49 ans.
Loïck Roche invite à « penser les âges du travail ». Selon lui, le sujet n’est pas que la jeunesse, mais la capacité de la société à accompagner chaque passage, de l’insertion à la sortie d’emploi.
La France consacre 6,5 % de son PIB à l’informatique, presque autant que les États-Unis (6,8 %). Mais sa productivité horaire stagne depuis 2015. Sa puissance de calcul par habitant est en outre plus de 50 % inférieure à la moyenne européenne.
Les Français utilisent l’IA générative à titre individuel (37 % des 16-74 ans, contre 33 % dans l’UE). Leurs entreprises suivent moins : 18 % l’utilisent, contre 26 % en Allemagne. Et l’intégration reste en surface. Dans les ressources humaines, 25 % des entreprises françaises utilisatrices s’en servent, contre 48 % aux États-Unis.
Le vrai frein est organisationnel. 69 % des actifs français ne reçoivent de leur employeur ni encouragement, ni outil, ni formation à l’IA, contre 44 % aux États-Unis.
Selon le Jaune budgétaire 2027, 67,5 % des organismes de formation, des structures individuelles et privées à but lucratif comptant au plus un salarié ou formateur, ne réalisent que 8,2 % du chiffre d’affaires du secteur.
À l’autre extrémité, 1,4 % des organismes, publics et parapublics, concentrent 18,8 % du chiffre d’affaires.
Sous les deux lettres « OF » cohabitent indépendants, associations, sociétés pouvant rémunérer des actionnaires et opérateurs chargés de missions publiques. Mêmes étiquettes, mais ni les mêmes moyens ni les mêmes finalités. La réglementation encadre une activité et son responsable plus que le métier de formateur. Fouzi Fethi le dit sans détour : « une catégorie juridique commune ne fait ni un métier commun, ni un modèle économique commun ».
L’étude de l’Institut Paris Region sur le rapport au travail des Franciliens4 identifie 7 profils, des « équilibrés accomplis » (26 %) aux « détachés en retrait ».
Les Franciliens attendent du travail une rémunération, de l’estime de soi, de la sociabilité et du plaisir. Ils pointent une organisation très contrainte du quotidien, un manque de reconnaissance ou d’autonomie et la peur de perdre leur emploi. Un tiers des actifs envisagent de quitter leur entreprise et 12 % ont déjà entamé une démarche de mobilité.
Comparés aux autres régions via le Baromètre Unédic, les Franciliens valorisent davantage le salaire élevé, quand l’épanouissement personnel pèse plus ailleurs.
Pour Arnaud Gangloff (Kéa) et Bruno Jeanbart (OpinionWay), la transformation par l’IA se pilote depuis le COMEX, qui doit s’acculturer aux enjeux technologiques, à la chaîne de valeur de l’IA et au cadre réglementaire.
Deuxième condition : reconnaître le rôle central de la data, dont la qualité, l’architecture et le stockage conditionnent les ambitions.
Troisième condition : le facteur humain. L’IA touche au sens du travail et relève moins de la technologie que de compétences et d’organisation.
Pour aller plus loin sur le sujet, vous pouvez consulter :
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2 CNNCEFP : Commission nationale de la négociation collective, de l’emploi et de la formation professionnelle
3 FOAD : Formation ouverte et/ou à distance
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