Formation en ligne : l'étude Asterès pour EdTech France chiffre son impact sur l'accès, les carrières, les salaires et les finances publiques. Nous vous la résumons.
Asterès a publié l’étude La formation en ligne : des bénéfices pour les apprenants, l’économie et les pouvoirs publics pour EdTech France en septembre 20261. Elle repose sur une enquête menée en avril et mai 2026 auprès de 5 559 apprenants et cherche à chiffrer l’impact économique de la formation en ligne certifiante et diplômante. À garder en tête : il s’agit d’un plaidoyer dont les résultats reposent sur ce que les apprenants déclarent eux-mêmes.
Premier enseignement de l’étude : sans formation en ligne, beaucoup ne se seraient pas formés du tout. 69 % des apprenants n’auraient pas suivi leur formation en présentiel. C’est notamment le cas pour 65 % des demandeurs d’emploi, 77 % des salariés et indépendants et 80 % des chefs d’entreprise. C’est donc un vrai levier pour les publics empêchés. Les deux premières motivations sont la compatibilité avec la vie personnelle (42 %) et avec la vie professionnelle (37 %).
74 % des répondants déclarent une évolution professionnelle après la formation. On observe notamment une hausse des personnes en emploi, des indépendants et des chefs d’entreprise et une baisse de la part des demandeurs d’emploi qui passe de 23 % à 15 %. Il s’agit d’un changement de statut ou de métier (22 % chacun), d’employeur (17 %) ou de secteur (16 %). Les mobilités internes restent marginales (9 %) et un quart des répondants (26 %) n’a vu aucun changement.
Selon l’étude, la rémunération progresse de 5,6 % en moyenne grâce à la formation2. Il y a des écarts en fonction des statuts :
Plus de formation, c’est aussi moins de chômage. Et moins de chômage, c’est moins d’indemnités à verser. L’étude estime les coûts de chômage évités à 2 400 € par apprenant. Cette moyenne est à manier avec précaution. Elle tombe à 2 050 € si l’on exclut les salariés devenus entrepreneurs, qui peuvent encore toucher l’ARE. D’autre part, grâce à la formation, 30 % des répondants ont évité ou écourté une période de chômage. Pour eux, l’économie pour les finances publiques atteint 8 050 € en moyenne. Les estimations vont ainsi de 4 900 € économisés grâce à la formation pour les demandeurs d’emploi à 11 900 € pour les mobilités au sein du salariat et 11 400 € pour la trajectoire salariat vers entrepreneuriat.
Asterès estime la hausse de productivité attribuée à la formation à +6 % en moyenne.
Elle monte à +8 % pour les indépendants et les chefs d’entreprise. Ce calcul porte sur 718 apprenants aux trajectoires stables. Quant aux leviers de ces gains de productivité, sur une échelle de 5, la formation en ligne a eu un impact sur :
Pour finir, Asterès extrapole ses résultats à l’ensemble des EdTech françaises. Le calcul repose sur une hypothèse fournie par EdTech France : 150 000 apprenants certifiés chaque année. Le cabinet applique à ce volume les gains individuels mesurés : hausse de production, recettes publiques supplémentaires et indemnités chômage évitées. Il ne retient que les apprenants qui ne se seraient pas formés autrement, pour isoler l’effet propre à la formation en ligne. Le secteur générerait ainsi 350 M€ de production supplémentaire par an. Une fois déduit le coût des formations financées par le CPF et France Travail, les recettes publiques dépassent les dépenses (400 M€ de recettes contre 360 M€ de dépenses). Asterès qualifie lui-même ce chiffrage d’exploratoire et reconnaît que compter le CPF comme de l’argent public est sujet à débat.
1 Source : Asterès
2 À noter (citation issue de l’étude) : « La variation de rémunération causée par la formation est conduite sur l’ensemble des catégories de répondants. Malheureusement, les réponses à l’enquête ont probablement mêlé des données annuelles et des données mensuelles, malgré une question formulée en annuel, et les niveaux de rémunération ne sont pas exploitables. »
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