LinkedIn fait sa rentrée : découvrez le best of des publications emploi-formation de septembre 2026.
Rentrée 2026 : Learn Assembly vous propose un tour d’horizon LinkedIn de l’actualité de la formation professionnelle. À retenir : l’enseignement supérieur sous pression, le risque d’automatisation des emplois, la workification… Et bien d’autres sujets.
Selon l’enquête insertion 2026 de la Conférence des grandes écoles, l’insertion des jeunes diplômés recule à un niveau inédit depuis 20051. De plus, les salaires stagnent pour la deuxième année consécutive. Le salaire brut annuel moyen hors primes des diplômés 2025 s’établit à 39 679 €, soit +0,2 % seulement sur un an. Les ingénieurs stagnent (+0,4 %) et les managers reculent (-0,7 %). Alors, que faire face à la frustration qui grimpe parmi les diplômés des grandes écoles ?
Censé faire des économies, le plafonnement du RS2 à 1 500 € risque de fragiliser les bons acteurs et de déplacer la dépense vers le RNCP3 non plafonné4. Bonne nouvelle tout de même : France Compétences devrait être à l’équilibre en fin d’année, voire excédentaire. Maxime Del Giudice appelle également à d’autres mesures, au cœur de l’actualité de la formation professionnelle. Par exemple : mettre la pression sur les certificateurs Qualiopi ou encore exiger le dépôt des comptes certifiés par les commissaires aux comptes.
L’étude Asterès pour EdTech France5 démontre que la formation en ligne apporte :
Côté terrain, hupso, qui forme en ligne aux métiers en tension, indique que 69 % de ses apprenants n’auraient pas pu se former sans le distanciel. Une bonne nouvelle dans l’actualité de la formation professionnelle : ils vont au bout de leur formation et les entreprises qui ont besoin de recruter récupèrent des profils prêts à travailler.
Sébastien Tran, directeur général d’Audencia, alerte sur le désenchantement d’une jeunesse diplômée face à un marché de l’emploi saturé. Selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur, seuls 61,1 % des diplômés de niveau bac +5 occupent un emploi salarié 18 mois après leur sortie6. C’est 3 points de moins que l’année dernière. Selon Sébastien Tran, « cette génération surdiplômée mais déclassée, ni élite installée ni jeunesse en rupture totale, pourrait bien constituer l’un des blocs électoraux les plus mobiles et dispersés de la présidentielle à venir. Les partis qui l’ignorent pourraient le regretter. »7
Pour en savoir plus à ce sujet, découvrez notre article Loi sur l’enseignement supérieur privé : changement de modèle ou nouvelle couche bureaucratique ?
Petit rappel pour les amateurs de prophéties : en 2013, Frey et Osborne voyaient presque un emploi sur deux menacé par l’automatisation (47 %). Trois ans plus tard, l’OCDE ramenait ce risque à 9 %. Et le FMI parle aujourd’hui d’exposition plutôt que de substitution. Qu’est-ce que ces écarts nous indiquent sur l’évolution des métiers et des compétences ?
Voilà ce qu’Ilhem Alleaume, Présidente du REC (Réseau Emplois Compétences), Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, observe :
Vous n’avez sans doute pas échappé à la déclaration de Daron Acemoglu fin août sur les effets à venir de l’IA sur le marché du travail. Lui, qui avait jusqu’à maintenant un discours plutôt rassurant, déclare : « Depuis mon poste d’observation, je dois vous dire que ça commence à m’angoisser pas mal. Il m’arrive de ne pas dormir la nuit en pensant aux conséquences énormes que tout ça va avoir ». Et il n’est pas le seul. Bill Gates a également pris la parole à ce sujet. « Cette fois, c’est vraiment différent », « le monde a besoin d’un plan »9, affirme-t-il. Axelle Arquié revient sur ce changement de ton concernant l’IA et ses impacts. Reste à convaincre les responsables politiques de s’emparer d’un sujet anxiogène à l’approche de la présidentielle.
Un Zoom pour organiser ses vacances, un Excel pour planifier son mariage, un Slack pour gérer son quotidien familial… Les outils d’optimisation issus du monde du travail ont envahi nos vies. Résultat : optimisation du quotidien, marchandisation des loisirs, injonction à la rentabilité et à la performance, règne de la métrique… Un signal à ne pas négliger pour les RH et la formation : quand le temps libre se met à ressembler au travail, c’est le rapport au travail lui-même qui change.
Crise de l’enseignement supérieur, automatisation des emplois, bénéfices de la formation en ligne… En cette rentrée 2026, ces sujets ne se discutent plus entre spécialistes : ils occupent la presse, la radio et les tribunes des directeurs d’école. Reste à en faire des décisions. Rendez-vous le mois prochain pour un nouveau tour d’horizon de l’actualité de la formation professionnelle selon LinkedIn. En attendant, découvrez nos expertises et ressources sur www.learnassembly.com.
1 Source : Enquête Insertion CGE 2026 – Rapport (Conférence des Grandes Écoles)
2 Répertoire spécifique : registre officiel français qui recense les habilitations et les certifications de compétences professionnelles complémentaires ou transversales (source : Opco EP)
3 Répertoire national des certifications professionnelles : base de données qui recense les diplômes, titres et certificats de qualification professionnelle reconnus par l’État et les partenaires sociaux (source : université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
4 Source OpenData
5 Source : Cahier de la souveraineté éducative
6 Source : note flash du SIES Le Taux d’emploi salarié en France des diplômés 2024 de Master et de diplôme Bac+5 grade Master à 18 mois
7 Source : tribune du Figaro étudiant par Sébastien Tran « Bac+5, mais déclassés : la génération oubliée de la présidentielle »
8 Source : article du Figaro « Ça commence à m’angoisser pas mal » : le Nobel d’économie Daron Acemoğlu de plus en plus inquiet face à la menace de l’IA sur l’emploi
9 Propos traduits de l’anglais
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