Une politique nationale des compétences ? Analyse des propositions du cabinet Quintet

SEP-GRIS-EXTRAIT

Voici une analyse d’Antoine Amiel, CEO de Learn Assembly, des différentes propositions faites par le cabinet imaginant une politique nationale des compétences.

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Le cabinet Quintet – constitué d’anciens du cabinet de Muriel Pénicaud – propose une série de mesures pour repenser l’approche nationale de développement des compétences. Retour sur les mesures phares d’un quasi-programme sur la formation. Les objectifs proposés :

  • parvenir à terme à répondre aux enjeux de transition écologique et de souveraineté économique
  • atteindre le plein emploi et permettre aux individus de choisir par eux-mêmes leur avenir professionnel.

Des clés pour un secteur plus structuré

Le rapport relie en effet l’enjeu de la souveraineté (relocalisation, planification du développement sur des secteurs critiques) aux métiers induits par la transition écologique (filière hydrogène, batteries électriques, rénovation BTP). Il propose entre autres :

  • la massification du CPF via des politiques d’abondement dans les secteurs considérés comme stratégiques, notamment la transition écologique
  • l’accès à l’assurance-chômage pour les démissionnaires souhaitant se reconvertir
  • la mise en place d’un bonus financier pour les acteurs de la formation qui se positionnent sur les compétences critiques pour l’avenir du pays

Les propositions les plus radicales du cabinet Quintet mettent le doigt sur un tabou français. Dans quelle mesure introduire des éléments d’évaluation de la performance dans le financement du système de formation ?  Tant que la formation ne sera ni vraiment un impôt, ni considérée comme une filière stratégique, cette question restera flottante. Le rapport propose en effet de conditionner les financements publics à un taux d’insertion supérieur à 50% dans l’emploi. Mais de quel emploi parle-t-on ? Un CDI ? Un CDD ? Il est vrai que les taux d’insertion post-formation en CDI sont assez mitigés selon les filières. Mais les acteurs de la formation en sont-ils toujours responsables ? Sachant que l’appareil de formation sert de variable d’ajustement pour réduire la courbe du chômage. Peut-on reprocher aux acteurs de la formation les conditions de travail dégradées dans les métiers du “back office” (expression de Denis Maillard) ? 

Miser sur la transparence et l’accessibilité

Autre proposition qui ne manquera pas de faire réagir les concernées : publier le taux d’insertion des lycées pros et CFA. L’objectif étant d’informer les parents et les étudiants des débouchés réels de leurs études…

Alors que l’Assemblée Nationale s’apprête à voter une loi pour interdire le démarchage commercial abusif (enfin !), pourrions-nous imaginer une loi Evin de la formation professionnelle ou un classement de Shanghai des CFA ?

Le rapport propose également la gratuité des formations sur les compétences de base (écrire, rédiger, compter, littératie numérique). Elles sont de fait déjà gratuites puisque financées par des Prepa Compétences ou des POEI, le coût étant porté par la collectivité. Cette proposition a le mérite de poser la questions des compétences de base et de la baisse du niveau collectif constaté notamment par le classement PISA. La formation professionnelle au secours de l’Éducation Nationale, ne serait-ce pas un drôle de mouton à cinq pattes au service d’un canard boiteux ?

Enfin, autre proposition phare, élargir l’alternance à tous les âges et plus seulement aux jeunes. En effet, pourquoi limiter aux jeunes ce dispositif ? Aux États-Unis, le phénomène du “returnship” se développe fortement pour. Ces programmes de recrutement et d’intégration concernent principalement les personnes ayant arrêté leur vie professionnelle ou travaillé dans un contexte éloigné du monde de l’entreprise. Ils permettent aux individus en milieu de carrière, notamment les femmes, de revenir dans le marché du travail. Ils rencontrent un succès phénoménal et sont un vrai vecteur de mobilité sociale et d’employabilité.

Conclusion

Quoiqu’on pense des propositions du cabinet Quintet, elles ont l’indéniable mérite de secouer le cocotier en appelant à un pilotage stratégique des politiques de formation plus serré, à mesurer l’efficacité réelle de la formation sur l’emploi et à faire un pas de côté sur les questions du financement et de l’accès à la formation.

Les candidats à l’élection seraient bien inspirés d’étudier ces propositions, la question des compétences étant totalement absente d’une campagne qui se cristallise sur des sujets de société plus vendeurs…


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