Compétences et IA, infobésité, ROME 4.0, souveraineté éducative : découvrez notre sélection des 7 publications LinkedIn de mai 2026 sur les mutations du travail et de la formation.
Jours fériés, averses et canicule : mai avait pourtant tout pour tourner au ralenti. Mais l’actualité emploi et formation, elle, n’a pas chômé. Les 7 publications LinkedIn que nous avons retenues ce mois-ci en sont la preuve. Entre compétences et IA, évolutions du ROME 4.0 (Répertoire Opérationnel des Métiers et Emplois), souveraineté éducative et infobésité au travail, il y avait de quoi alimenter bien des conversations de couloir (ou Teams).
« L’emploi des juniors s’effondre dans les métiers exposés à l’intelligence artificielle. » C’est le grand leitmotiv du moment. Mais une nouvelle étude de la London School of Economics & Political Science et de l’Université de Warwick1 remet en doute cette thèse. Portant sur 400 millions d’offres d’emploi, elle montre que la baisse de l’emploi junior est bien corrélée avec l’exposition à l’IA. Cependant, elle est tout autant liée à une autre « variable confondante » : le télétravail, qui touche majoritairement les mêmes postes et secteurs que l’IA. Une seule étude ne tranche pas tout, mais elle rappelle qu’il faut se méfier des conclusions qui semblent évidentes.
Hervé Jouanneau décrypte le passage du ROME V3 au ROME 4.0. Selon lui, ce n’est pas qu’une mise à jour technique, c’est un changement de paradigme. Nous passons d’une logique métier (« quel métier exercez-vous ? ») à une logique compétences ( « quelles compétences maîtrisez-vous ? »). Les bénéfices ? Des reconversions facilitées, des viviers de recrutement élargis ou encore des politiques emploi-formation mieux ciblées. Cette évolution fournit également une base pour penser les compétences à l’ère de la data et de l’IA.
Dans son podcast Topo RH, Laetitia Vitaud échange avec Pierre Monclos pour alerter sur les limites de l’IA dans les RH. En effet, elle peut paradoxalement complexifier certaines activités, augmenter la fatigue cognitive et fragiliser des compétences que l’on ne pratique plus. Le vrai enjeu : utiliser l’IA avec discernement, comme levier d’apprentissage, de développement des compétences et de performance durable.
Chaque semaine, un salarié français reçoit en moyenne 169 emails, passe 6 heures de réunion et envoie 110 messages par tchat2. Quant aux managers, ils consacrent 19 heures par semaine à gérer du flux. Selon Samuel Durand, cette gestion du flux n’est pas du travail productif. Les organisations qui ont réduit leur temps de travail l’ont compris en premier et ont commencé par supprimer les réunions inutiles.
Traditionnellement, la formation reposait sur la création de contenu. Elle exigeait du temps et de l’expertise que seules les équipes L&D possédaient. Aujourd’hui, l’IA est capable de générer du contenu à vitesse grand V, avec une qualité de plus en plus satisfaisante. Comment évolue le rôle du L&D à l’ère de l’IA ? C’est la question que se sont posée Donald H Taylor et Egle Vinauskaite dans le 5e rapport de leur série AI in L&D3. Alors que le travail devient toujours plus complexe et ambigu, les capacités humaines n’ont jamais été aussi importantes pour la performance organisationnelle. Il en va de même pour le L&D. Le rapport conceptualise le « Triangle de la transformation » basé sur 3 nouvelles postures pour le L&D :
L’UNEDIC lance le podcast Avant-Poste, animé par Léa Lejeune, pour explorer en profondeur les mutations du marché du travail. La première saison Rebonds se consacre au retour à l’emploi en 4 épisodes : place du diplôme, freins à l’emploi, trajectoires des seniors, et impact de l’IA sur la recherche d’emploi. Un format long, nuancé, qui refuse de simplifier ce qui est complexe et qui ancre le débat compétences et IA dans des réalités concrètes.
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Auditionnée à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une mission d’information sur l’IA et l’éducation, Orianne Ledroit défend une thèse forte. L’IA est déjà dans les classes et l’enjeu n’est plus de savoir si on l’adopte, mais comment. Elle plaide pour une EdTech française souveraine, respectueuse des données des élèves, ancrée dans les valeurs nationales. Les résultats PISA montrent un décrochage réel de l’école française et les technologies éducatives figurent parmi les rares réponses disponibles qui fonctionnent. Compétences et IA, le débat commence à l’école.
Mai 2026 le confirme avec éclat : la question des compétences et de l’IA est désormais partout. Dans les classes, sur le marché du travail, dans les équipes L&D et jusque dans les référentiels officiels de France Travail. Mais la nuance, elle, reste une denrée rare. Olivier Sibony nous rappelle qu’une corrélation n’est pas une causalité. Laetitia Vitaud alerte que l’automatisation sans réflexion peut fragiliser plus qu’elle ne renforce. Le ROME 4.0 montre que les institutions bougent, parfois plus vite qu’on ne le croit.
Rendez-vous le mois prochain pour un nouveau résumé de l’actualité LinkedIn.
1 Source : https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=6787638
3 Source : https://www.nodes.works/transformation-triangle
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